dimanche 6 mai 2018

Prochaines présentations : début juin 2018





Pluie de juin n'est que fumée
Faits divers et de société
Concepts d'(in)humanité

"Le paradis des animaux" de David James Poissant (Albin Michel/Livre de Poche)

David James Poissant est né à New York. Il est l'une des sensations de la scène littéraire américaine. Ses nouvelles, publiées dans les revues et magazines littéraires les plus prestigieux (The Atlantic, The Chicago Tribune et The New York Times), figurent également dans plusieurs anthologies et ont été distinguées par de nombreuses récompenses. Il vit aujourd'hui en Floride, où il enseigne la littérature.

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L'Homme-Lézard :
Pendant le sauvetage surréaliste d'un alligator, deux hommes sont amenés à réfléchir sur les difficiles relations père-fils...

Amputée :
A la recherche d'un chat égaré, un trentenaire à la dérive croise le chemin d'une adolescente handicapée, affranchie de tout interdit et un brin perchée...

100% coton :
En pleine nuit, dans une ruelle sombre d'Atlanta, un homme se fait braquer...

La fin d'Aaron :
Au milieu des abeilles, un jeune homme singulier attend la fin du monde...

Remboursement :
Une famille modeste vivant dans un quartier huppé est victime du mépris social...

Les derniers des grands mammifères terrestres :
Dans le champ, il y a les bisons, libres. Derrière le grillage, il y a une histoire d'amour, impossible...

Ce que veut le loup :
Une histoire de fantôme...

La géométrie du désespoir - I. Le diagramme de Venn :
Comment les animaux perçoivent-ils la mort ?

La géométrie du désespoir - II. Réveiller le bébé :
Lisa et Richard emmènent leur fils au parc, près du bassin des canards et des cygnes. Michael est né après la mort subite de leur premier enfant, June...

James Dean et moi :
Un homme, une femme, et au milieu, James Dean, le chien...

Les nudistes :
Un an après la mort accidentelle de sa femme, Mark part rejoindre son frère Joshua pour un séjour qui s'annonce ombrageux...

Le Garçon qui Disparaît :
Deux amis d'enfance, Vif-Argent et Le-Garçon-qui-Disparaît, partagent un douloureux secret...

Le paradis des animaux :
Dan Lawson, père violent et alcoolique, a failli tuer son fils en apprenant qu'il était gay. Dix ans plus tard, ce père va parcourir des milliers de kilomètres dans l'espoir de se réconcilier avec son fils, atteint du sida et mourant...

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Mon avis :
Des histoires familiales, amoureuses et amicales ordinairement compliquées, ordinairement universelles, drôles ou tragiques, violentes ou émouvantes, et admirablement contées.

"Dedans ce sont des loups" de Stéphane Jolibert (Le Masque/Livre de Poche)

Prix du Goéland Masqué 2017

Stéphane Jolibert a grandi au Sénégal et a étudié à l'Ecole des Beaux-Arts de Saint-Etienne avant de bourlinguer de longues années du côté du Pacifique Sud où il exerça le métier de directeur artistique. Il s'établit à Paris à la fin des années 2000. Il y enseigne la communication visuelle et la sémiologie de l'image. Il y rencontre celle qui deviendra sa femme, y rencontre également l'envie d'écrire. Il vit et travaille aujourd'hui près de la Belgique.

L'histoire :
Quelque part dans le Grand Nord, de l'autre côté de la frontière, il y a une bourgade, enneigée dix mois par an, Terminus la bien nommée. Une station-service, un supermarché, un hôtel, un bistrot, un bordel, quelques fermes, quelques chalets, quelques familles, une poignée de "filles" et beaucoup de bûcherons. Voilà ce à quoi ressemble Terminus. "Dedans ce sont des loups" dit-on d'elle. Des loups qui ont tous un lourd passé. Parmi eux, le vieux Tom, l'alambiqueur ; sa nièce, la belle et troublante Sarah ; Sean, le contremaître craint de tous ; Nats, le taiseux, livreur du tord-boyaux local ; Twigs la Levrette, le mécanicien ; McKilian, le barman irlandais ; Leïla, une jeune prostituée ; le grand patron, que personne n'a jamais vu, mais qui tient toutes les ficelles...

Mon avis :
Un univers clos, reculé, isolé de tout, obéissant à ses propres règles implacables et sans pitié. C'est glaçant, brutal, effrayant. On dévore !

"La Bête" de Catherine Hermary-Vieille (Albin Michel/Livre de Poche)

Catherine Hermary-Vieille, née en 1943 à Paris, alterne avec succès biographies et romans historiques. Elle a reçu de nombreuses récompenses littéraires, dont le Prix Femina pour "Le Grand Vizir de la nuit", le Prix des Maisons de la Presse pour "Un amour fou" et le Grand Prix RTL pour "L'Infidèle". Elle vit aujourd'hui en Virginie, aux Etats-Unis. Elle partage sa vie entre l'écriture, sa ferme et de nombreux voyages en France.

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Histoire de la Bête du Gévaudan :

La "Bête du Gévaudan" est un animal à l'origine d'une série d'attaques contre des humains survenues entre le 30 juin 1764 et le 19 juin 1767. Ces attaques, le plus souvent mortelles, entre 88 à 124 recensées selon les sources, eurent lieu principalement dans le nord de l'ancien pays du Gévaudan, région d'élevage. Quelques cas ont été signalés dans le sud de l'Auvergne, et dans le nord du Vivarais et du Rouergue.

La "Bête du Gévaudan" dépassa rapidement le stade du fait divers, au point de mobiliser de nombreuses troupes royales et de donner naissance à toutes sortes de rumeurs, tant sur la nature de cette "bête" - vue tour à tour comme un loup, un animal exotique et même un loup-garou, voire un tueur en série à une époque plus récente - que sur les raisons qui la poussaient à s'attaquer aux populations - du châtiment divin à la théorie de l'animal dressé pour tuer.


Alors qu'une centaine d'attaques équivalentes se sont produites au cours de l'histoire de France dont toutes les régions sont peuplées par environ 20 000 loups à cette époque, ce drame intervient opportunément pour la presse en mal de ventes après la guerre de Sept Ans (conflit européen qui opposa, de 1756 à 1763, l'Angleterre et la Prusse à la France, l'Autriche, la Russie, la Suède, l'Espagne et des princes allemands). Le Courrier d'Avignon local puis La Gazette de France nationale et les gazettes internationales voient l'occasion de s'emparer de cette affaire pour en faire un véritable feuilleton, publiant des centaines d'articles sur le sujet en quelques mois.

De 1764 à 1767, deux animaux (l'un identifié comme un gros loup, l'autre comme un canidé s'apparentant au loup) furent abattus. Le gros loup fut abattu par François Antoine, porte-arquebuse du roi de France, en septembre 1765, sur le domaine de l'abbaye royale des Chazes. A partir de cette date, les journaux et la cour se désintéressèrent du Gévaudan, bien que d'autres morts attribuées à la Bête aient été déplorées ultérieurement. Le second animal fut abattu par Jean Chastel, enfant du pays domicilié à La Besseyre-Saint-Mary, le 19 juin 1767. Selon la tradition, l'animal tué par Chastel était bien la Bête du Gévaudan car, passé cette date, plus aucune mort ne lui fut attribuée.

(cf : Musée Fantastique de la Bête du Gévaudan à Saugues, Haute-Loire)

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L'histoire :
En Gévaudan, on dépend des saisons et de la nature. A l'approche de l'automne, les villages se préparent aux futurs assauts de l'hiver. Réserves de nourriture, de bois de chauffe et de balles pour les fusils, tout est prévu pour cinq mois d'autarcie. En cette fin du XVIIIème siècle, à La Besseyre-Saint-Mary, quand la blancheur hivernale occupe les lieux, la plus grande peur des paysans, ce n'est pas le froid, ce ne sont pas les loups, mais c'est cette forêt qui les entoure, qui les retient prisonniers comme des rats, son silence de mort et le Diable qui s'y cache...

Mon avis :

Catherine Hermary-Vieille s'empare de la légende, s'éloigne à dessein des faits établis pour s'intéresser à ce fil ténu qui sépare l'Homme de l'Animal. Son héros, Antoine Chastel, est un être brisé par la mort de sa mère lorsqu'il était enfant. Il est devenu un jeune homme inquiétant, complexe, solitaire. Assoiffé de liberté, il ne semble ressentir de l'empathie qu'au coeur de la nature et auprès des animaux, sauvages de préférence. Submergé d'autant de colère que de désir, il flirte dangereusement avec la folie. Saisons après saisons, épreuves après épreuves, il dépasse la dualité entre humanité et animalité et atteint progressivement les rives de la bestialité. Un voyage sans retour possible.

Un roman qui touche sa cible en plein coeur et qui donne à réfléchir.

vendredi 6 avril 2018

Prochaines présentations : début mai 2018





Maïa de mai
Littérature et Animalité
Bestiaire singulier

"Pompéi" de Robert Harris (Plon/Pocket)

Robert Harris est né en 1957 à Nottingham, en Grande-Bretagne. Après des études à l'université de Cambridge, il entre en 1978 à la BBC comme reporter et réalisateur pour des émissions prestigieuses comme "Panorama". Il quitte la télévision en 1987 pour devenir éditorialiste politique à l'Observer, puis au Sunday Times. Il est élu "éditorialiste de l'année" en 2003. Il a publié trois essais, parmi lesquels "Selling Hitler" (1986), portant sur les "carnets intimes" de Hitler, ainsi que deux biographies de personnalités politiques britanniques. Il se tourne ensuite vers la fiction avec "Fatherland" (1992) et "Enigma" (1995), qui sont rapidement reconnus comme des modèles du thriller historique. Ils ont été traduits dans plus d'une trentaine de langues et se sont vendus à plusieurs millions d'exemplaires dans le monde. Il poursuit son oeuvre romanesque avec "Archange" (1999), "Pompéi" (2005), "L'homme de l'ombre" (2007, adapté au cinéma par Roman Polanski sous le titre "The Ghost Writer" en 2010), "L'indice de la peur " (2012), "D" (2014, qui revient sur l'affaire Dreyfus), et "Dictator" (2016), troisième volet de sa trilogie consacrée à Cicéron, après "Imperium" (2006) et "Conspirata" (2009). Tous ont paru chez Plon. Son nouveau roman, "Conclave", a été publié en 2017 chez le même éditeur.
Robert Harris vit actuellement dans le Berkshire, en Grande-Bretagne, avec son épouse et leurs quatre enfants.

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Quelques notes :

Pompéi est une ville du sud-ouest de l'Italie, en Campanie, province de Naples, au pied du Vésuve. En l'an 62 de notre ère, un tremblement de terre cause de gros dégâts et annonce la reprise de l'activité du Vésuve. Une violente éruption, du 24 au 28 août 79, ensevelit la ville sous une pluie de cendres et de lapilli, étouffant de très nombreux habitants. Pline l'Ancien, qui commande alors la flotte de Misène, accourt au secours et périt suffoqué, comme le raconte son neveu dans une lettre célèbre. Pompéi est anéantie en même temps qu'Herculanum, Stabies et Oplonties.

L'Aqua Augusta (ou Aqueduc d'Auguste) est un ancien aqueduc romain de la région de Naples. Construit entre 27 et 10 av. J.C. sur les ordres de l'empereur Auguste, il devait suppléer l'Aqueduc Marcia et l'Aqueduc Claudia. Il fournissait de l'eau à huit cités de la baie de Néapolis comme Pompéi, Stabies et Nola, et se terminait après 140 km dans la piscina mirabilis au port de Misène.

Un aquarius est un porteur d'eau ou un inspecteur des conduites d'eau.

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L'histoire :
Marcus Attilius Primus est un ingénieur, un aquarius, comme l'étaient son père et son grand-père avant lui. Ce matin du 22 août 79, avant le lever du jour, il emmène avec lui cinq hommes de son équipe sur les hauteurs de Misène. A vingt-six ans, il vient de prendre la direction de l'Aqua Augusta, l'aqueduc le plus long du monde qui alimente neuf villes mais dont l'ingénieur présent les limites. La région est en pleine sécheresse depuis trois mois, les cours d'eau et les puits sont asséchés. Attilius espère trouver une nouvelle source. En vain. Après plus de dix heures de travail, il doit renoncer. Cependant, certains signes le préoccupent. Il est jeune, il n'est pas respecté, et personne ne veut entendre ses inquiétudes. Attilius a très bien compris qu'un mystère entoure la disparition il y a deux semaines de son prédécesseur et il ne veut pas être le prochain à être écarté de cette mission avant son terme...

Mon avis :
Aux côtés d'Attilius, ingénieur consciencieux et passionné, nous vivons intensément les prémices d'une catastrophe naturelle et d'une tragédie dont on se souviendra encore deux mille ans plus tard. L'éruption du Vésuve, les phénomènes qui l'accompagnent, les dégâts et les drames qu'ils provoquent sont décrits avec un réalisme saisissant. Robert Harris nous offre une reconstitution historique romaine poignante, très documentée sur l'époque, la géographie des lieux, l'architecture de la cité, les modes de vie, la culture, la politique, l'art... Amours, haines, intrigues se mêlent aux épreuves. Un roman haletant !

jeudi 5 avril 2018

"La Quête" et "Le Feu divin" de Robert Lyndon (Sonatine/Pocket)

Robert Lyndon vit dans le Dorset, en Grande-Bretagne, où il exerce la profession de fauconnier. Après plus de dix ans de recherche, il a publié son premier roman, "La Quête" (Sonatine, 2013), qui a été traduit dans plus de vingt pays, puis "Le Feu divin" (Sonatine, 2016).


"La Quête" (1111 pages) - L'histoire :

En cet été de l'an 1071, Vallon, mercenaire franc, descend vers l'Italie, dans le but de rejoindre Constantinople et de s'enrôler dans la garde impériale. Dans les Alpes, au col du Grand-Saint-Bernard, il est surpris par un violent orage et se réfugie dans une bergerie. Un abri qu'il partage avec deux autres voyageurs.

Le plus âgé d'entre eux, Cosmas, est mourant. Philosophe, géographe et diplomate, Cosmas arrive de Byzance, porteur d'une demande de rançon adressée au comte Olbec, noble normand, dont le fils aîné, sire Walter, a été fait prisonnier à Monzikert.

En chemin, lors d'un arrêt au monastère du Mont-Cassin auprès de son ami Constantin d'Afrique, Cosmas rencontra Hero, jeune grec de Syracuse, étudiant à l'école médicale de Salerne et élève de Constantin. Vivement recommandé par ce dernier, Hero, suffisamment cultivé pour ne pas offenser l'intelligence de son maître, devient le secrétaire et le compagnon de route de Cosmas. Ensemble, ils doivent atteindre l'Angleterre et remettre le message en main propre au comte Olbec.

Hélas, loin du faste et des grands de ce monde, dans cette modeste bergerie perdue dans la montagne, Cosmas, le vieil érudit, s'éteint au petit matin. Valeureux et loyal, le jeune Hero décide de mener à terme la mission qui incombait à son mentor. Poussé par un étrange pressentiment, Vallon accepte d'aider le garçon.

Plusieurs mois plus tard, peu avant le printemps 1072, Vallon et Hero arrivent enfin en Northumbrie, au nord de l'Angleterre, et sont présentés, sans ménagement par ses gardes, au comte Olbec. Vallon découvre, en même temps que le père du prisonnier, l'énoncé de la demande de rançon de l'Emir byzantin. La quantité d'or et d'objets précieux exigée est telle que le roi Guillaume lui-même ne pourrait la réunir.

Hero propose alors une alternative. L'Emir est passionné de fauconnerie. Olbec pourrait lui offrir deux couples de gerfauts, le plus grand faucon du monde. Il faudrait, pour cela, capturer les rapaces sur les îles d'Islande et du Groenland et les amener à l'Emir, en Anatolie, avant son tournoi d'automne. L'entreprise sera extrêmement risquée. Les enjeux, des plus honorables aux plus vils, seront aussi du voyage. Vallon n'est pas certain de vouloir prendre part à l'aventure...

Mon avis :
Ce roman est une de ces perles littéraires rares qui ne nous content pas seulement une époustouflante épopée mais qui nous la donnent à vivre par des descriptions grandioses, une reconstitution historique et géographique rigoureuse et passionnante, des personnages ensorcelants, sans oublier tous ces petits détails de la vie, du quotidien, qui animent cette fresque magistrale. A la fois brillant, divertissant et enchanteur !

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"Le Feu divin" (918 pages) - L'histoire :
En 1081, à Dyrrachium (Albanie actuelle), après sa défaite face aux Normands, l'empereur byzantin Alexis Ier Comnène décide d'envoyer une compagnie au Royaume de Chine, avec pour mission de former une alliance, d'ouvrir une nouvelle route commerciale, mais surtout d'obtenir la formule de la Drogue du Feu, un composé incendiaire plus puissant encore que le feu grégeois...

Mon avis :
Si ce second volume est un peu moins captivant que le premier, et si sa construction, par trop de similitudes avec le tome précédent, ne laisse pas de grandes surprises, l'histoire n'en reste pas moins dense, très intéressante et richement documentée. Le sort des héros nous tient toujours autant à coeur.

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Quelques clins d'oeil historiques... si vous le désirez... 😉


La conquête de l'Angleterre par les Normands
L'Angleterre est sous domination danoise jusqu'en 1042 lorsque la dynastie saxonne revient au pouvoir sous Edouard le Confesseur. Après la mort de ce dernier en 1066, son beau-frère Harold Godwinson prend le pouvoir, mais Guillaume II duc de Normandie (plus tard Guillaume le Conquérant) revendique le trône d'Angleterre, franchit la Manche et défait Harold à Hastings.


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Tapisserie de Bayeux - Scène 57
La mort du roi Harold le 14 octobre 1066
Guillaume Ier le Conquérant ou Guillaume Ier le Bâtard (Falaise, vers 1028 - Rouen, 1087) est le fils illégitime du duc Robert Ier le Diable. En juillet 1035, il succède à son père, décédé lors d'un pèlerinage à Jérusalem. Après une décennie de troubles, le jeune homme parvient à asseoir son autorité et fait de la cour de Normandie l'une des plus puissantes et des plus fastueuses d'Europe. Guillaume accueille de nombreux rois en exil, parmi lesquels Edouard le Confesseur, prétendant sans descendance au trône d'Angleterre. Lorsque ce dernier revient au pouvoir, il fait de Guillaume son héritier, avant de le désavouer sur son lit de mort au profit de son beau-frère Harold, qui avait pourtant juré fidélité à Guillaume. Pour récupérer le royaume qui lui était promis, le duc arme une flotte de plusieurs milliers de navires et débarque avec quinze mille hommes sur le sol anglais. Le 14 octobre 1066, les deux armées se font face à Hastings. Ce sera l'une des plus célèbres batailles de l'histoire d'Angleterre.

Guerrier intrépide, fin stratège et politicien, grand bâtisseur (il ordonna l'édification des abbayes aux Hommes et aux Dames de Caen ou de la Tour de Londres), mari fidèle, follement épris de son épouse Mathilde, il fut aussi un seigneur de guerre impitoyable qui se livra à de nombreux massacres et pillages pour consolider le joug normand sur l'Angleterre. Des exactions qu'il prendra soin d'effacer de la tapisserie de Bayeux, véritable outil de propagande à sa gloire, qui relate en détail sa conquête de l'Angleterre.

Fondateur d'une nouvelle dynastie, Guillaume s'éteint à soixante ans après avoir fait de l'Angleterre l'un des royaumes les plus puissants d'Europe, alors qu'il ne parlait pas un mot d'anglais. Mais il sème ainsi les germes de la future guerre de Cent Ans, qui éclatera plus de deux siècles après.


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L'Anatolie (qui signifie, en grec ancien, "le pays où le Soleil se lève") est l'ancien nom donné à la péninsule située à l'extrémité occidentale de l'Asie. Elle correspond aujourd'hui à la partie asiatique de la Turquie. On dit aussi Asie Mineure.

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Byzance est une ancienne cité grecque, capitale de la Thrace, située à l'entrée du Bosphore sur une partie de l'actuelle Istanbul. La cité, reconstruite par Constantin, renommée Constantinople en 330 ap. J.C., est devenue la capitale de l'Empire romain, puis de l'Empire romain d'Orient, et enfin de l'Empire ottoman à partir de 1453 ap. J.C. (date de la prise de la ville par les Turcs). Elle fut rebaptisée Istanbul en 1930.

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Romain IV et Alp Arstan à Manzikert
La bataille de Manzikert eut lieu le 26 août 1071 (date incertaine) et vit l'armée byzantine de l'empereur Romain IV Diogène être mise en déroute par l'armée du sultan seldjoukide Alp Arslan près de la ville de Manzikert, actuellement Malazgirt, en Turquie, au nord du lac de Van.


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Constantin l'Africain (né aux alentours de 1015 à Carthage, en Tunisie, et mort en 1087 au Mont-Cassin, en Italie) est un médecin devenu moine au monastère du Mont-Cassin. La première partie de sa vie se déroule en Ifriqiya* et la seconde en Italie du Sud, où il traduit en latin des plus grandes oeuvres de la médecine arabe des IXème et Xème siècles. Il inaugure ainsi la deuxième époque, la plus prestigieuse, de l'école de médecine de Salerne, et la première vague des traductions médicales arabes vers l'Occident. Ses traductions se trouvent encore dans les grandes bibliothèques européennes. Elles ont servi comme manuels scolaires d'enseignement médical au Moyen Age et jusqu'au XVIIème siècle. 

* Dans l'histoire médiévale, l'Ifriqiya est la zone comprenant ce qui est aujourd'hui la Tunisie, ainsi que la Tripolitaine (ouest de la Libye) et le Constantinois (est de l'Algérie).

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Godefroy de Bouillon
et les chefs de la première croisade
Première croisade (1096-1099) :
En 1078, les Turcs seldjoukides refusent de laisser libre le passage aux pèlerins chrétiens vers Jérusalem. Cette croisade s'achève par la prise de Jérusalem et la création du royaume chrétien de Jérusalem.


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Ferdinand Ier, dit "le Grand" (v. 1016-1065) est comte de Castille de 1028 à 1037, puis roi de Leon et de Castille jusqu'à sa mort. Il se donne également le titre d'empereur d'Espagne. Avant sa mort, il divise son royaume entre ses cinq enfants :

  • Sanche, l'aîné de ses fils, reçoit la Castille et les "Asturies de Santillana"
  • Alphonse, le second fils, reçoit le royaume principal, le Leon, et les Asturies
  • Garcia, le troisième fils, reçoit la Galice
  • Urraque, l'aînée des filles, reçoit la ville de Zamora
  • Elvire, la seconde fille, reçoit la ville de Toro
Une lutte fratricide oppose les enfants de Ferdinand. Sanche, soutenu par le bras armé du Cid, fait exiler Garcia à Séville. Il écrase ensuite l'armée d'Alphonse qui trouve refuge auprès du roi vassal musulman de Tolède. Sanche entreprend alors de conquérir Zamora, ville de sa soeur aînée Urraque, et y trouve la mort en 1072, sans doute assassiné par un traître ("homme d'arme à l'instigation des habitants de la ville"). Alphonse revient et reprend la couronne de Leon, auquel il adjoint celle de la Castille sous le nom d'Alphonse VI.

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Rodrigo Diaz de Vivar, dit "Le Cid", est un héros espagnol, né vers 1043 près de Burgos et mort en 1099 à Valence. Capitaine de Sanche II (v. 1036-1072), roi de Castille et de Leon, aux côtés de qui il s'illustre contre les Navarrais et acquiert le nom de Campeador ("vainqueur de batailles"), il passe au service d'Alphonse VI (v. 1040-1109) en 1072 qui lui donne pour épouse une parente, dona Jimena (Chimène), en 1074. Banni de Castille (1081) par le roi, qui craint son ambition, il se met au service de l'émir de Saragosse et lutte aux côtés des musulmans, qui lui donne le titre de sidi ("seigneur"), avant de s'emparer de Valence (1095) où il régnera jusqu'à sa mort.

En littérature, on retrouve le personnage du Cid dans, entre autres, la tragi-comédie de Pierre Corneille ("Le Cid"), un poème de Victor Hugo ("La légende des siècles"), les "Poèmes barbares" de Leconte de Liste ("La tête du comte", "L'accident de Don Inigo", "La Ximena").

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La dynastie chinoise des Song :

Elle régna de 960 à 1279. Fondée par Zhao Kuangyin, elle gouverna un territoire, considérablement réduit par rapport à celui des périodes d'expansion extérieure précédentes (Tang), et constamment menacé par des populations des steppes du Nord ou des forêts du Nord-Est. En 1127, les Song se réfugièrent dans la vallée du Yangzi. Ces difficultés territoriales ne doivent pas faire oublier la modernité de la Chine de l'époque et les réformes politiques et sociales alors entreprises notamment par Wang Anshi (1021-1086). C'est ainsi, sous les Song, que le mandarinat connut son apogée avec la formation d'une caste puissante et autonome de fonctionnaires civils dont les avis s'imposent même à l'empereur. Le pouvoir central ne s'appuie plus sur une aristocratie terrienne et guerrière mais, autour de la garde personnelle de l'empereur, sur une armée de mercenaires qui remplace l'armée de conscrits, en vigueur depuis les premiers empires Qin et Han. Le pouvoir civil affirme ainsi sa suprématie sur le pouvoir militaire, ce qui explique son affaiblissement. Ce désintérêt envers les questions militaires permit aux Mongols d'occuper le pays en 1279 et de mettre ainsi fin à la dynastie des Song.

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"Yoko Tsuno, #20 - L'astrologue de Bruges" de Roger Leloup (Dupuis)

Roger Leloup est un scénariste et dessinateur de bandes dessinées belge, né en 1933 à Verviers. Il est principalement connu pour la série Yoko Tsuno dont il est le scénariste et le dessinateur.

"L'astrologue de Bruges" est le vingtième titre de la série Yoko Tsuno. Au cours de ses précédentes aventures, Yoko avait déjà dû affronter nombre de personnages diaboliques. Pouvait-elle supposer qu'elle aurait un jour rendez-vous avec le diable en personne ?

"J'ai imaginé cette histoire à une époque où l'on parlait du retour de grandes maladies telles que la peste, et j'ai souhaité utiliser cette grande peur comme base d'un récit. J'ai choisi de le situer à Bruges pour des raisons de proximité : j'aime avoir la ville sous la main quand je la dessine. L'imaginaire travaille différemment quand on se base sur des photos ou quand on a les lieux devant soi." (Roger Leloup)

Avant d'entamer une histoire, Roger Leloup aime s'imprégner longuement de l'ambiance des lieux dans lesquels il placera son héroïne. Durant des journées entières, il explore les rues et les maisons où elle déambulera ; il accumule les images, les sensations, les souvenirs. Il se met à la place de Yoko, il fouille la ville avec ses yeux, il imagine comment elle s'y comporterait.

"J'étais déjà venu à Bruges, vers 1960, à la demande d'Hergé. Il souhaitait réaliser pour sa propriété de Céroux une copie d'une grille des jardins du Gruuthuse Museum et il m'avait envoyé prendre des croquis. C'était l'hiver, un hiver brumeux. Bruges était grise, noircie par l'humidité. Puis la neige est tombée et la poésie de la ville est ressortie tout à coup. C'était magique ! Quand j'y suis retourné pour cette histoire, elle avait été complètement restaurée et tout avait changé. Il y avait du soleil, les pierres chantaient, c'était gai. Et c'est une cité tout en aquarelles que j'ai découverte, un cadeau fabuleux pour un coloriste. Mais je me suis vite rendu compte que, par la bande dessinée, je ne parviendrais pas à rendre cette magnificence du Bruges en reflets. J'ai dû rendre les canaux glauques, j'espère qu'on me le pardonnera !" (Roger Leloup)

Comme pour chacun de ses précédents albums, Roger Leloup s'est documenté énormément avant de se lancer. A côté de lui, une vieille carte d'époque, des livres historiques, des catalogues de musées, des boîtes de photos prises sur place, des clichés copiés de bandes vidéo ne sont que quelques-uns des éléments où il puise l'inspiration. Un ensemble de documents épars à partir desquels il va extrapoler le Bruges d'il y a près de cinq siècles.

"Je me défends d'avoir fait un album historique sur Bruges. Je ne suis pas un historien, mais il ne faut pas pour autant trahir l'Histoire. Celle de Bruges est tellement riche en légendes merveilleuses que j'ai dû me priver de nombreux temps forts. J'avais de la matière pour deux albums." (Roger Leloup)

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Bruges apparaît au Xème siècle en tant que place forte du comté de Flandre. En 1134, un raz-de-marée a pour conséquence bénéfique d'ouvrir un bras de mer, le Zwin, donnant un accès direct à la mer pour la ville, ce qui entraîne un développement urbain spectaculaire entre le XIIème et le XVème siècles, avec le creusement de nombreux canaux. Forte de son indépendance communale symbolisée par son beffroi, Bruges devient une plaque tournante portuaire, commerciale et financière centrale dans l'Europe du Moyen Age, reliant les pays de la mer du Nord et de la Baltique à la Méditerranée. Les riches marchands brugeois traitaient avec ceux de toute l'Europe. La première bourse de valeur de l'histoire est née à Bruges au XIIIème siècle. Au XVème siècle elle est la première place financière d'Europe. Cet essor économique entraîne également une floraison culturelle et artistique. Elle a été le centre le plus important pour les peintres primitifs flamands, qui ont révolutionné la peinture occidentale, et dont les oeuvres sont aujourd'hui dispersées dans les grands musées du monde entier. Mais le Zwin s'ensabla peu à peu aux XVème et XVIème siècles, éloignant progressivement la ville de son accès à la mer, ce qui provoqua un déclin économique irrémédiable au profit de sa voisine, Anvers. Bruges est alors tombée au rang de simple ville provinciale.

Ce n'est qu'au XXème siècle que la ville connaît un nouveau développement grâce à la création du vaste port de Bruges-Zeebruges, qui fait aujourd'hui partie intégrante du Range nord-européen. La longue période de torpeur qu'a connu la ville après la Renaissance a permis à l'essentiel de son tissu urbain médiéval et à une bonne partie de ses monuments anciens de rester préservés. La "belle endormie" est alors apparue aux XIXème et XXème siècles comme un des joyaux du patrimoine européen. Ce patrimoine ancien a été méticuleusement restauré et mis en valeur. Une architecture néogothique de qualité s'est aussi développée parallèlement, faisant véritablement renaître le style local et redonnant au centre historique un aspect médiéval plus complet. Comme d'autres villes, elle est parfois surnommée la "Venise du Nord" du fait de ses canaux qui encerclent ou traversent la vieille ville dans un cadre pittoresque. Bruges est  ainsi devenue la ville la plus touristique de Belgique. Elle héberge aussi le Collège d'Europe.

Elle est membre de l'Organisation des villes du patrimoine mondial depuis l'an 2000. La ville a même la particularité de figurer trois fois sur la liste du Patrimoine mondial de l'UNESCO. Pour son centre historique, pour son béguinage faisant partie des Béguinages flamands et pour son beffroi repris parmi les Beffrois de Belgique et de France. En outre, elle est aussi reprise comme Patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'UNESCO pour sa procession du Saint-Sang. Elle fut également la capitale européenne de la culture en 2002, en même temps que la ville espagnole de Salamanque.

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L'histoire :
L'électronicienne Yoko Tsuno est invitée à Bruges, en Belgique, par le peintre Jan Van Laet. Au domicile de l'artiste, elle découvre un magnifique tableau datant la Renaissance. L'oeuvre représente deux jeunes femmes ressemblant trait pour trait à Yoko et à son amie Monya. Van Laet semble croire le plus sérieusement du monde que les deux amies ont été les véritables modèles... en 1545 ! Pure folie ? Yoko comprend très vite qu'il ne s'agit pas d'une blague. Avec ses fidèles compagnons, Vic, Pol et Monya, elle va devoir, une fois encore, affronter tous les dangers et démêler les fils de ce mystère diabolique...

Mon avis :
Une machine à remonter le temps, un étrange voyage au XVIème siècle, des héros valeureux et ingénieux, quelques figures maléfiques, des énigmes et des secrets enfouis dans les entrailles d'une ville chargée d'Histoire, voilà tous les ingrédients d'une étonnante et extraordinaire aventure !!!

vendredi 2 mars 2018

Prochaines présentations : début avril 2018







                    Héros magnifiques
                    Complots diaboliques
                    Les romans historiques

"Le violon noir" de Maxence Fermine (Points)

Maxence Fermine est un écrivain français né en 1968 à Albertville. Il a vécu à Paris, puis en Afrique où il a travaillé dans un bureau d'études en Tunisie. Il habite aujourd'hui en Savoie avec sa femme et ses deux filles. Après le succès de "Neige" (Arléa, 1999), traduit en dix-sept langues, il se consacre entièrement à l'écriture et enchaîne les romans et les voyages. Il collabore depuis 2010 avec la revue Alpes Magazine.

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Rappel historique en quelques dates

26 octobre 1795 : La Convention cède la place au Directoire
Le Directoire est le régime qui gouverna la France depuis la fin de la Convention nationale jusqu'au 9 novembre 1799. Barras, Rewbell, Carnot, Letourneur et La Révellière-Lépeaux ont été les cinq Directeurs du premier Directoire (octobre 1795 - septembre 1797). Paul Barras confia à Bonaparte le commandement de l'armée d'Italie et décida du Coup d'Etat du 4 septembre 1797 contre les Royalistes.

De 1796 à 1798 : Campagnes militaires victorieuses de Bonaparte en Autriche, Italie et Egypte
La campagne d'Italie est l'ensemble des opérations menées en Italie par Bonaparte en 1796 et 1797 contre l'Autriche, le Piémont et leurs alliés.

La Bataille de Montenotte (12 avril 1796)

12 avril 1796 : Bataille de Montenotte
Evoquée dans le roman, c'est une victoire de Bonaparte sur les Autrichiens à Montenotte, (commune de Cairo Montenotte, Ligurie), sur la Bormida.

9 novembre 1799 : Coup d'Etat de Bonaparte et démission de Barras
Le Consulat succède au Directoire.

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L'histoire :
En avril 1796, à trente-et-un ans, Johannes Karelsky est mobilisé et part pour l'Italie... Il a cinq ans lorsque, un matin d'été, au Jardin des Tuileries à Paris, il croise le chemin d'un violoniste tsigane. Le temps de quelques airs de musique tourbillonnants et brillamment exécutés, le destin du petit garçon est scellé. Deux ans plus tard, l'enfant est devenu un violoniste éblouissant, invité dans toute l'Europe. Mais ainsi exhibé comme un animal exotique, le jeune virtuose souffre d'une immense solitude et n'est pas heureux. A l'âge de dix-sept ans, à la mort de sa mère, il décide de tout arrêter. Il s'éloigne des fastes des cours européennes et vit en toute simplicité de l'enseignement de la musique. Il n'a jamais perdu l'espoir de signer un jour un opéra unique. La guerre aura peut-être raison de son rêve...

Mon avis :
Un conte poétique d'une délicatesse infinie et d'une beauté envoûtante. Légère et fragile, sa musicalité nous emporte dans un soupir de spiritualité, de sensualité et de pureté. Un ravissement !

"Haute fidélité" de Nick Hornby (10/18)

Nick Hornby est né en 1957 à Redhill au Royaume-Uni. Il est romancier, essayiste, journaliste, parolier et scénariste. Il est surtout connu pour ses romans "Haute fidélité" et "A propos d'un gamin", ainsi que pour son roman autobiographique "Carton jaune". Son oeuvre a souvent trait à la musique et au sport, et met l'accent sur la personnalité obsessionnelle et désordonnée de ses protagonistes.

L'histoire :

Rob est en pleine rupture amoureuse avec Laura. Cet événement l'amène à se remémorer les cinq séparations qui ont marqué sa vie, les cinq les plus douloureuses.

  1. Alison Ashworth, en 1972. Ils ont treize ans. Une relation de six heures sur trois jours. Premiers émois. Premiers bouleversements.
  2. Penny Hardwick, en 1973. Bonne élève, sérieuse, bien élevée... beaucoup trop sage.
  3. En 1975, en classe de troisième, Jackie Allen sort avec Phil. Rob se fait un point d'honneur de briser ce couple trop parfait, dans l'espoir peut-être inavoué que Jackie ait les mêmes sentiments pour lui que pour Phil. Un échec cuisant.
  4. En 1977, rencontre avec Charlie Nicholson à la fac, à Londres. L'époque où l'on passe à l'âge adulte, où l'on découvre de nouveaux univers socio-culturels, où l'on est en pleine construction de sa propre personnalité. Rob et Charlie restent ensemble deux années durant lesquelles Rob se sentira toujours intimidé et sous-estimé. Il écoute des chansons tristes et commence à travailler dans un magasin de disques.
  5. En 1984, Sarah Kendrew s'installe chez lui. Ils ont été quittés tous les deux, ils sont encore blessés, et entre eux, c'est une sorte de contrat : ne pas rester seuls. Deux ans plus tard, Sarah lui annonce qu'elle a quelqu'un d'autre.

Aujourd'hui, Laura part à son tour. Rob affirme être aguerri, qu'à trente-cinq ans il est trop vieux pour en souffrir. Qui tente-t-il de convaincre ?

Mon avis :
Un disquaire trentenaire fait le récit de ses échecs amoureux depuis l'adolescence. S'il connaît les vinyles sur le bout des ongles, le moins que l'on puisse dire est qu'il ne comprend pas grand-chose aux femmes. Il enchaîne les maladresses. C'est un personnage asocial, égocentrique, pas très sympathique. Mais sa passion pour la musique le rend attachant. Une B.O. de malade enrichit cet étonnant roman drôle et amer.




Histoire adaptée au cinéma en 2000 par Stephen Frears,
avec John Cusack, Iben Hjejle, Jack Black,
Catherine Zeta-Jones et Tim Robbins

"La note sensible" de Valentine Goby (Folio)

Valentine Goby est une écrivaine française née en 1974 à Grasse. Après des études à Sciences Po, elle s'investit dans l'action humanitaire à Hanoï, au Vietnam, et à Manille, aux Philippines. Parallèlement à son travail d'enseignante en lettres et à ses ateliers théâtre pour les enfants, elle publie en 2002 son premier roman, "La note sensible", où la musique se révèle une langue ambiguë, un texte émouvant récompensé par de nombreux prix. Sensible aux problématiques de l'enseignement de l'histoire et des lettres aux adolescents, elle écrit aussi pour la jeunesse ("Manuelo de La Plaine", Gallimard Jeunesse).

Jeune écrivaine pleine de talent, Valentine Goby s'est imposée en quelques romans comme l'un des espoirs de la littérature contemporaine. En 2014, elle reçoit douze prix pour son roman très poignant, "Kinderzimmer" (Actes Sud). Passionnée par l'histoire et par la transmission, la mémoire est son terrain d'exploration littéraire privilégié.

L'histoire :
Une jeune provinciale s'installe à Paris où, dans quelques jours, elle enseignera l'anglais au Conservatoire de musique. Tout en découvrant la capitale et les singularités de la vie métropolitaine, elle fait aussi la connaissance de son voisin quinquagénaire, violoncelliste à toute heure et passionné de Mozart...

Mon avis :
Une histoire simple, celle d'une rencontre entre deux personnes discrètes, secrètes, d'une sensibilité à fleur de peau et éprises de liberté. Des échanges tout en souffles, bruissements et vibrations. Les silences sont des douces respirations. La mélodie des mots résonne en nous avec une grande délicatesse. Un très joli roman !

samedi 3 février 2018

Prochaines présentations : début mars 2018



                              Alliance cosmique
                              Littérature et Musique
                              Notes éclectiques

"Psychiko" de Paul Nirvanas (10/18)

Paul Nirvanas est un des nombreux pseudonymes de l'écrivain grec Pétros K. Apostolidis (1866-1937). Médecin dans la marine de guerre hellénique puis journaliste et homme de lettres, tout à la fois poète, nouvelliste, romancier, dramaturge, essayiste, chroniqueur et traducteur, Paul Nirvanas a aussi vulgarisé en Grèce la philosophie de Friedrich Nietzsche et a travaillé en tant que scénariste pour le jeune cinéma de son pays.

Paru en 1928 sous forme de feuilleton, "Psychiko", considéré comme le premier polar grec, met en place une mécanique infernale, où une police apathique affronte un faux coupable en quête de gloire.

L'histoire :
Une jeune femme a été assassinée à l'arme blanche à Psychiko, un quartier d'Athènes. Un mois plus tard, la victime n'a toujours pas été identifiée, la police n'a aucune piste et la presse ne s'intéresse plus à l'affaire. C'est alors que Nikos Mochanthis, riche héritier en mal de notoriété, décide de mettre son plan à exécution. Nourri aux romans populaires, policiers ou d'épouvante, il veut lui aussi être le héros d'une histoire romanesque et voir sa photographie à la une des journaux. Comme s'il s'agissait d'une expérience amusante ou d'une farce originale, il va bientôt se faire passer pour le meurtrier de la jeune inconnue de Psychiko...

Mon avis :
Ce texte est incroyablement moderne et visionnaire. Paru en 1928, il annonce l'ampleur que va prendre la presse à scandale au cours des décennies à venir et souligne la fascination toujours vive du public pour les faits divers sordides. Nikos Molochanthis est un jeune homme naïf et rêveur, prêt à tout pour son "quart d'heure warholien". Mais très vite il se trouve pris dans les mailles de son propre jeu, enfermé derrière les barreaux et prisonnier de son mensonge.

Un roman à suspense très agréable, fluide, ponctué d'humour caustique et d'ironie, et qui donne à réfléchir. Une très heureuse découverte !

"La vérité sur l'affaire Harry Quebert" de Joël Dicker (De Fallois/Poche)

Grand Prix du roman de l'Académie française 2012
Prix Goncourt des lycéens 2012


Ce roman est en cours d'adaptation pour le petit écran par le réalisateur français Jean-Jacques Annaud ("Le Nom de la Rose", "L'ours", "Sept ans au Tibet"). L'acteur Patrick Dempsey ("Grey's Anatomy") endossera le rôle de Harry Quebert. La diffusion de la série, composée de dix épisodes, est prévue sur TF1 en 2018.


Joël Dicker est un écrivain suisse, de langue française, né à Genève en 1985 d'une mère libraire et d'un père professeur de français, une famille à la fois originaire de France et de Russie. Passionné d'écriture dès l'enfance, il fonde "La gazette des animaux" à l'âge de dix ans et publie une première nouvelle très remarquée, "Le Tigre", à vingt-cinq ans. En 2009, il finit son premier roman, "Les derniers jours de nos pères", sur l'histoire méconnue du SOE, une branche des services secrets britanniques qui a formé des résistants français durant la Seconde Guerre mondiale. L'année suivante, en 2010, il est diplômé en droit à l'université de Genève et son premier roman est récompensé du Prix des écrivains genevois. "La vérité sur l'affaire Harry Quebert", son deuxième roman, se situe aux Etats-Unis que l'écrivain connait bien puisqu'il passe tous ses étés dans le Maine, en Nouvelle-Angleterre. En 2015 paraît "Le Livre des Baltimore" (De Fallois), une suite de "La vérité sur l'affaire Harry Quebert" bien que les deux ouvrages peuvent se lire indépendamment.

La sortie du quatrième roman de Joël Dicker, "La disparition de Stéphanie Mailer" (De Fallois), est annoncée pour le 7 mars 2018.

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L'histoire :

30 août 1975
Nola Kellergan, une adolescente de quinze ans, disparaît à Aurora, New Hampshire.

10 février 2008
Marcus Goldman arrive à Aurora, invité par son ami et mentor, Harry Quebert, dans sa belle propriété de Goose Cove, au bord de la mer, un magnifique endroit aux allures de carte postale.

Marcus est un jeune écrivain. Son premier roman, publié en 2006, est devenu immédiatement un best-seller et a fait de lui un homme riche et célèbre. Mais depuis ce succès, il est à la peine. Pressé par son agent, lui-même pressé par la maison d'édition, il n'a aucune inspiration pour son second livre et le contrat avec son éditeur expire en juin. Désespéré, il appelle son meilleur ami, Harry Quebert, écrivain éminemment respecté et son ancien professeur de littérature à l'université de Burrows (Massachusetts). Confiant du don remarquable de son élève, Quebert propose à Marcus de passer quelques semaines à Goose Cove où ils travailleront ensemble son manuscrit.

Un jour, seul à la maison pendant que son ami donne cours à l'université, Marcus butine dans la bibliothèque et découvre par hasard, dans des documents privés qu'il n'aurait sans doute pas dû lire, qu'au milieu des années 1970, son mentor a eu une liaison, tenue secrète, et pour cause : le professeur avait alors trente-quatre ans et la jeune fille, Nola Kellergan, seulement quinze. Quebert lui avouera qu'ils étaient très amoureux, que son roman, "Les origines du mal", un chef-d'oeuvre qui fait aujourd'hui référence, a été écrit pour Nola et qu'ils allaient fuir ensemble au moment de sa disparition à laquelle il n'est en rien lié. Marcus n'a aucune raison de douter de son ami. A la fin du mois de mars, il retourne à New York sans la moindre ébauche d'une histoire.

12 juin 2008
Toujours atteint du syndrome de la feuille blanche, Marcus est prêt à jeter l'éponge sur sa carrière d'écrivain lorsqu'un terrible fait divers enfièvre tous les médias. Des ossements humains ont été retrouvés dans le jardin de la propriété de Harry Quebert...

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Mon avis :

On commence et... 850 pages plus tard, on regrette que ce soit déjà fini ! Ce roman, foisonnant de rebondissements, de coups de théâtre et d'autres belles surprises, est bien plus qu'un thriller au suspense intense. C'est aussi une réflexion sur les écrivains et le travail d'écriture, sur la littérature, sur la transmission, sur la nécessité des échecs et la perversité du succès, sur l'imposture, sur la justice, sur l'Amérique à l'aube d'une élection présidentielle historique... Bien entendu, on ne pourra s'empêcher de comparer le personnage de Nola a un certaine "Lolita". Joël Dicker rend aussi un hommage, qu'il ne dissimule pas, à un auteur qu'il admire, Philip Roth.

Une écriture vivante, excitante, pour un livre qu'il est intéressant de lire avec du recul, bien après tout le barnum des prix littéraires de 2012, l'emballement médiatique, et des critiques qui n'ont pas toujours été tendres, à l'époque, avec ce jeune auteur helvète, dont l'histoire a pourtant conquis conjointement les Académiciens, les lycéens et un large public.

Vous l'aurez deviné : mon coup de coeur !!!


A écouter :
"La vérité sur l'affaire Harry Quebert" - France Culture
Feuilleton radiophonique en 10 épisodes

"Les péchés de nos pères" de Lewis Shiner (Sonatine)

Lewis Shiner est né en 1950 aux Etats-Unis, dans l'Oregon. Il vit à Durham, en Caroline du Nord. Il a été ouvrier dans le bâtiment, musicien de rock et informaticien avant de se consacrer à l'écriture. Après "Fugues" (Denoël, 2000) et "En des cités désertes" (Denoël, 2001), "Les péchés de nos pères" (Sonatine, 2011) est son troisième ouvrage traduit en français. Il a été élu meilleur livre de l'année par le "Los Angeles Times".

L'histoire :

Octobre 2004

Alors qu'au centre médical VA de Durham (Caroline du Nord) son père s'éteint lentement d'un cancer des poumons, Michael quitte l'hôtel qu'il partage avec sa mère, et réserve un autre hébergement, distant de l'hôpital, où il pourra travailler plus librement. Derrière les vitres du taxi, il découvre une ville qu'il ne connait pas mais où ses parents se sont mariés, où il est né, où son père a débuté sa carrière dans le bâtiment et a choisi aujourd'hui de mourir. Lorsqu'il traverse Hayti, quartier noir autrefois très prospère dont il ne reste plus que l'église Saint-Joseph, un détail attire son attention. Dessinateur de bandes dessinées, Michael a déjà vu ce motif dans une série d'albums auxquels il a participé et qui évoquaient le vaudou. Au sommet du clocher de l'église, on ne distingue non pas une croix mais un vévé, symbole d'un dieu vaudou. Son ami Roger, scénariste, saura lui en expliquer la signification.

Installé dans sa nouvelle chambre d'hôtel, Michael ne pense plus au vévé. Autre chose le préoccupe. Du plus loin qu'il se souvienne, il a toujours été convaincu que son père lui cachait un secret lié à sa naissance. Le vieil homme ne sera plus en mesure, à présent, de le révéler. Le temps est venu pour Michael, à trente-cinq ans, de trouver enfin des réponses à ses questions. Pour commencer son enquête, il ne dispose que de deux noms. Le premier est celui d'un cousin éloigné de sa mère, Greg Vaughan, qui vit encore en Caroline du Nord...

Mon avis :
Ce roman noir passionnant est construit autour de la quête d'identité d'un homme et son urgence à connaître la vérité sur ses origines avant le décès imminent de son père. Les investigations du héros l'amènent à traverser une page de l'Histoire américaine, des années 1960 à nos jours. Une sinistre page qui n'est toujours pas tournée, celle du racisme, de la discrimination, de la haine raciale, et les troubles et les violences qui en découlent. Inspirée de nombreux faits et lieux réels, cette peinture romanesque d'une époque est totalement addictive, documentée, mais surtout intense et poignante.

"Te laisser partir" de Clare Mackintosh (Marabout)

Prix du meilleur roman international
du festival "Polar" de Cognac 2016

Prix du meilleur roman policier
de l'année 2016 en Grande-Bretagne


Clare Mackintosh est née à Bristol, au Royaume-Uni. Dans le cadre de ses études de management et de français, elle travaille pendant une année en tant que secrétaire bilingue à Paris. Après l'obtention de son diplôme, elle passe douze ans dans la police à Oxford, qu'elle quitte en 2011 pour devenir journaliste indépendante et consultante en médias sociaux. Puis elle se lance dans l'écriture.

En 2006, Clare Mackintosh donne naissance à des jumeaux, Joshua et Alexander. Alexander meurt à cinq semaines, emporté par une méningite. La perte d'un enfant est au coeur de son premier roman, "Te laisser partir", qui paraît en 2015 en Angleterre. Entre-temps, la famille va accueillir deux nouveaux visages, des jumelles, Evie et Georgie.

Clare Mackintosh publie son second roman, "Je te vois", en 2016. Elle vit à présent avec son mari et leurs trois enfants dans les Cotswolds où elle a créé le festival littéraire de Chipping Norton.

L'histoire :
Il pleut, cet après-midi-là, à Bristol, lorsqu'au retour de l'école, un petit garçon de cinq ans est brutalement fauché par une voiture venue de nulle part, sous les yeux horrifiés de sa mère. Le chauffard prend la fuite. L'enfant meurt avant l'arrivée des secours. L'affaire est confiée au capitaine Ray Stevens et à son équipe de la Brigade Criminelle. Mais les policiers n'ont aucune piste, aucun indice, aucune trace, aucun témoin et, malgré leurs efforts, le dossier sera probablement classé très rapidement. Quant à la maman, seule face au drame, dévastée par la douleur et la culpabilité, elle décide de tout quitter, de disparaître. Le hasard la conduit vers les côtes du Pays de Galles...

Mon avis :
Un roman policier de facture classique au premier abord mais qui se révèle être, au fil des pages, un thriller psychologique d'une intensité croissante redoutable. Un rebondissement à couper le souffle clôt une première partie intime dans laquelle nous avons été au plus près des personnages, découvrant leur force mais aussi leur vulnérabilité face à une tragédie qui les lie. Soudain, le rythme s'accélère. De nouveaux éléments émergent. Plus on s'approche du dénouement, plus le taux d'adrénaline grimpe. Bien ficelé et palpitant. De nombreuses figures féminines. Des thèmes difficiles traités avec réalisme et justesse. Un très bon polar !

dimanche 14 janvier 2018

Prochaines présentations : début février 2018





                              Frimas de février
                              S'évader
                              Le roman policier

"No home" de Yaa Gyasi (Calmann-Lévy)

Rentrée Littéraire - Septembre 2017

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Yaa Gyasi est née en 1989 au Ghana avant d'émigrer aux Etats-Unis à l'âge de deux ans. Lectrice précoce de Toni Morrison, elle est diplômée de la prestigieuse Université de l'Iowa. Un voyage au Ghana déclenche son désir d'écrire "No home". Best-seller immédiat encensé par la critique américaine, ce premier roman magistral est sur le point de devenir un phénomène mondial.

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Rappel historique :

La République du Ghana, membre du Commonwealth, est un Etat d'Afrique de l'Ouest situé entre le Togo, le Burkina Faso et la Côte d'Ivoire.

L'Empire du Ghana, existant au Moyen Age en Afrique de l'Ouest, est désigné ainsi en Europe et en Arabie d'après le titre de son empereur, le Ghana. L'Empire semble avoir été brisé en 1076 à la suite de la conquête du général almoravide Abu Bakr Ibn Omar. Un royaume continue d'exister après la fin de la dictature almoravide, puis il est incorporé ultérieurement  aux empires sahéliens, comme l'Empire du Mali.

La Côte-de-l'Or :

Les Européens (Portugais d'abord, puis Anglais, Hollandais, Suédois, Danois, Prussiens), attirés par ce territoire pour ses gisements d'or, ses noix de kola, ses bois précieux, mais surtout pour la traite négrière, fondent dès la fin du XVème siècle des comptoirs sur la côte.

Une grande partie de la zone est unifiée sous l'Empire ashanti au XVIème siècle. Les gouvernements ashantis fonctionnent d'abord comme un réseau lâche puis mettent en place progressivement une bureaucratie centralisée, avec comme capitale Kumasi. L'aire forestière est dominée au XVIIIème siècle par ce puissant Empire ashanti dont les souverains résistent à la colonisation britannique jusqu'en 1901.

Les Britanniques prennent progressivement l'avantage face aux Portugais et aux Hollandais dans la lutte pour le contrôle du commerce de l'or et des esclaves jusqu'à l'abolition de la traite des Noirs par le Royaume-Uni en 1807. Le royaume ashanti, inquiet de perdre le bénéfice du marché des esclaves, lance alors une campagne contre le peuple fanti. Ces derniers trouveront dans l'Angleterre, en 1874, un allié providentiel qui défait le roi ashanti.

La Côte-de-l'Or est le premier pays noir-africain colonisé à accéder à l'indépendance le 6 mars 1957. Un de ses premiers actes de souveraineté est d'abandonner son nom colonial au profit de son nom actuel, Ghana, en hommage à l'Empire du Ghana.

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L'histoire :

XVIIIème siècle, Côte-de-l'Or

A la naissance d'Effia, un énorme incendie se déclenche et ravage durant des jours entiers forêts et cultures. La petite fille sera toujours liée à ce drame. On dira d'elle qu'elle apporte le malheur. Battue et détestée par sa mère, Baana, adorée par son père, Cobbe, à douze ans, Effia est promise à Abeeku, le chef du village. Mais quelques années plus tard, par la décision de sa mère, et avec la complicité d'Abeeku, elle est finalement vendue et mariée à un Britannique, James Collins, gouverneur du fort de Cape Coast. Si Effia est bien traitée par son époux, elle découvre très rapidement que des femmes et des hommes, noirs comme elle, sont enfermés comme des animaux dans les cales de bateaux dont elle ignore la destination. Deux ans après son mariage, Effia est enceinte quand elle reçoit une lettre de son petit frère, Fiifi, qui lui annonce que leur père est mourant. La jeune femme se rend immédiatement au chevet de l'homme tant aimé. C'est là que Fiifi révèle à sa soeur un lourd secret : elle n'est pas la fille de Baana mais celle d'une servante qui s'est enfuie lors du "grand feu" dont le village parle encore...

Mon avis :

Une fresque captivante et enchanteresse dans laquelle nous partageons le destin de deux branches d'une même famille ghanéenne. Un voyage puissant et passionnant à travers l'Histoire, du XVIIIème siècle à nos jours, du Ghana aux Etats-Unis, et qui se lit comme un conte que l'on se transmet de génération en génération, de l'oral à l'écrit.

Du Ghana, nous découvrons la culture de l'igname, les guerres intestines, la légende d'une étrange araignée, la colonisation, le commerce de l'or et du cacao, la traite des Noirs, la christianisation, le chemin vers l'indépendance...

Aux Etats-Unis, les Ghanéens déportés et vendus vont endurer l'esclavage, la cruauté, les champs de coton, les mines de charbon, la ségrégation, les amours mixtes douloureuses ou impossibles, les boîtes de jazz, Harlem, les ghettos, la drogue, le racisme, le sentiment pour les descendants d'esclaves de n'être ni d'ici ni d'ailleurs...

Tout ce qui fait l'Homme, le mal comme le bien, est contenu dans ce roman. Yaa Gyasi rend un hommage fort et vibrant à toute l'Afrique, à ses racines ghanéennes et, incontestablement, au Prix Nobel de Littérature Toni Morrison qu'elle admire. L'avenir est à présent de la responsabilité des jeunes générations. Yaa Gyasi est un talentueux et brillant modèle !

"Ces rêves qu'on piétine" de Sébastien Spitzer (Les éditions de l'Observatoire)

Rentrée Littéraire - Septembre 2017

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Sébastien Spitzer est né en 1970. Il est journaliste. "Ces rêves qu'on piétine", son premier roman, a été récompensé par le Prix Stanislas du premier roman 2017.

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Rappel historique :

Joseph Paul Goebbels est un homme politique allemand (Rheydt, 29 octobre 1897 - Berlin, 1er mai 1945).

Frappé d'une infirmité congénitale, il se consacre aux études littéraires et au journalisme, où il révèle un talent de polémiste. Il est gagné, en 1922, au national-socialisme par Gregor Strasser, l'un des leaders du Parti national-socialiste des travailleurs allemands, qui fait de lui son secrétaire. Nommé chef du parti à Berlin en 1926, il réussit à convertir la capitale au national-socialisme et dirige le périodique Der Angriff (1927-1933).

Chef de la propagande du parti en 1928, il est chargé par Hitler de l'action politique et psychologique à mener sur le peuple allemand, et est nommé à cet effet, en 1933, ministre de la Propagande et de l'Information, fonction qu'il conservera jusqu'à sa mort. En 1938, il orchestre l'incendie des synagogues et le pillage des maisons juives. D'une fidélité absolue à Hitler, il fait de la propagande une véritable technique de manipulation, appuyée notamment sur la presse et la radio.

En juillet 1944, Goebbels est chargé de la direction de la "guerre totale". Il tente alors de relever le moral de ses concitoyens par des informations exaltantes sur des armes secrètes et imparables.

Le 26 avril 1945, dans Berlin, face aux Soviétiques, les plus irréductibles des "enfants du IIIème Reich" résistent, prêts à se sacrifier pour le Führer. Ce dernier se donne la mort quatre jours plus tard en compagnie de ses derniers fidèles. Parmi eux, Joseph Geobbels et son épouse Magda. Aux côtés des corps calcinés, les alliés retrouvent, alignés et vêtus de blanc, les cadavres de leurs six enfants empoisonnés par leur mère.

Magda et Joseph Goebbels et leurs six enfants
Harald Quandt (au fond au centre), premier fils de Magda

Magda Goebbels (11 novembre 1901 - 1er mai 1945) est née d'une union illégitime entre un ingénieur et une employée de maison. Elle n'est pas reconnue par son père biologique. Sa mère se marie par la suite avec un riche commerçant juif, Richard Fridländer, qui adopte Magda.

La jeune fille fréquente les pensionnats huppés et les milieux mondains. Elle a une relation amoureuse avec le jeune sioniste Victor Arlosoroff et porte alors un certain intérêt à la cause qu'il défend. En 1921, elle épouse Günther Quandt, un des hommes les plus riches d'Allemagne. Il a quarante ans, elle n'en a que dix-neuf. Le couple a un fils, Harald, mais le mariage est un échec et ils divorcent en 1929.

Magda Quandt milite au NSDAP (Parti national-socialiste des travailleurs allemands) où elle trouve bientôt un travail qui la rapproche du Gauleiter de Berlin Joseph Goebbels. Fascinée par le propagandiste du mouvement et par le dirigeant nazi Adolf Hitler, elle épouse le premier et devient une proche du second.

Elle suit son époux au début des années 1930 dans son aventure politique, lorsque le parti nazi accède au pouvoir. En mars 1933, Joseph Goebbels devient ministre de la Propagande. Magda Goebbels joue alors un rôle qui peut être comparé à celui de "Première dame du Troisième Reich", en participant à des cérémonies officielles, des réceptions, des visites d'Etat et en se posant dans la propagande du régime nazi comme la "plus grande mère du Reich". Néanmoins, dans sa vie privée, elle mène une existence libre, s'affranchissant par exemple de l'interdiction de se maquiller ou de porter des vêtements de luxe et s'intéressant de près à la chose politique.

Son destin la conduit, dans les derniers jours du Reich, à accompagner son mari dans le bunker du Führer. Avant de se suicider avec son époux, elle tue leurs six enfants, confiant par écrit à son premier fils, Harald Quandt, combattant dans la Luftwaffe, que "le monde qui va venir après le Führer et le national-socialisme ne vaut pas la peine qu'on y vive."

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L'histoire :

Avril 1945

Berlin s'effondre sous les coups de l'Armée Rouge. Au Konzerthaus, autrefois si resplendissant et aujourd'hui ravagé par les bombes, l'orchestre philharmonique achève le Crépuscule des Dieux de Richard Wagner face à une poignée de hauts dignitaires nazis encore présents. Le IIIème Reich compte ses dernières heures.

Pendant ce temps, à quelques centaines de kilomètres de là, des milliers de fantômes décharnés, les pieds en sang, subissent leur ultime épreuve : les "marches de la mort". Nombreux n'y survivront pas...

Mon avis :
Un roman bouleversant qui confronte au destin de Magda Goebbels celui, effroyable, de déportés qui, au prix de leur vie, ont été les gardiens de textes secrets et intimes, témoignages poignants de la barbarie nazie. Entre réel et imaginaire, la plume remarquablement poétique de Sébastien Spitzer se glisse au plus près de l'âme de ses personnages. Elle nous saisit et nous émeut.